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Le Jean |
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Le terme "jean", utilisé pour la première fois en 1567, est dérivé
du mot genoese ("gênois" en anglais). Ce mot désignait le pantalon
des marins de Gênes, taillé dans une épaisse toile de coton
provenant de cette ville. C'est au XIXème siècle que la ville de
Nîmes produisit des sergés destinés aux bâches.
La légende du jean démarra avec Lévi Strauss, juif allemand émigré
aux Etats-Unis et devenu colporteur en 1847. Pour répondre aux
besoins des chercheurs d'or, puis des cow-boys, il eut l'idée de
mettre au point des vêtements de travail dans le tissu des pantalons
jeans. Les premiers jeans étaient réalisés dans une étoffe de coton
à armure sergé dont les fils de chaîne et de trame étaient de la
même couleur. En 1860, la marque Lévi Strauss adopte définitivement
le denim (déformation de "sergé de Nîmes"), un sergé de coton
composé de fils de teinte différente. |
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La grande chance du jean
(abréviation de l'expression américaine a pair of jeans) est la
Seconde Guerre mondiale : les G.I. font découvrir à l'Europe ce
pantalon peu salissant et infroissable. A l'origine, le jean était
un pantalon à cinq poches de couleur indigo. On le trouve maintenant
décliné dans différentes couleurs suivant la mode et fabriqué dans
des étoffes épaisses.
Les fils de chaîne du denim sont teints en bleu indigo. C'est
pourquoi de nombreux lavages sont nécessaires pour qu'un denim
devienne délavé. Cette teinture bleue peut être obtenue grâce aux
feuilles de l'indigotier. L'indigo est difficile à obtenir. Au XVème
siècle, l'ouverture des routes maritimes vers l'Asie favorisa
l'importation de l'indigo. Mais ce n'est qu'au XIXème siècle que les
Allemands réussirent à synthétiser chimiquement cette couleur de
prédilection. La perception de la couleur bleue semble en effet
commune à de nombreuses cultures. |
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Il existe de multiples
traitements pour obtenir industriellement la teinture ou le délavage
d'un jean : le stone washed est un délavage qui s'effectue en
utilisant des pierres ponces qui permettent de gommer la couleur du
jean. Le stone chimic ou stone bleached associe la pierre ponce à
des enzymes de blanchiment. Le jean prend alors un aspect "neige".
Le used désigne un jean vieilli par sablage. Enfin, le surteint se
dit d'un jean bleu teint en noir.
Le jean symbolise l'Amérique : dans un premier temps, il représente
le héros de la conquête de l'Ouest, puis le cow-boy. Il rejoint
ensuite un autre mythe américain : celui du cinéma. Les jeunes s'en
emparent pour s'identifier au James Dean de la Fureur de vivre. Le
jean est alors associé au T-shirt. Le jean sera par la suite
exploité par tous les mouvements sociaux (féminisme, mouvement
hippie). Support de toutes les fantaisies - broderies, découpes,
cloutages, etc. - il est considéré comme unisexe, intergénérationnel
et surtout démocratique, car son usage s'est généralisé à toutes les
couches de la société.
Bien qu'il se vende aujourd'hui plus
d'un milliard de jeans par an de par le monde, les
ventes ont connu un effondrement notable depuis les
années 1980. Les stars "boudent" le vêtement qui aura
marqué le XXème siècle. Et c'est finalement le jean
"basique" qui se vend le mieux et qui demeure
incontournable. |
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(Bibliographie : "Objets de la mode"
par Françoise Vincent-Ricard, Paris : éd. DU MAY, 1989 et "Le
vêtement - création, conception, fabrication" par Marie-Noëlle
Boutin-Arnaud et Sandrine Tasmadjian, Paris : éd. Nathan, 1997)
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