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Le
Kimono |
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Le "kimono" est un mot japonais
servant à désigner une tunique très ample, d'une seule pièce,
croisée devant et maintenue par une large ceinture, l'obi. Sa manche
est à même le vêtement, d'où l'appellation "manche kimono". En
Occident, c'est un vêtement d'intérieur léger, à larges manches,
assimilable à un peignoir et dont la coupe rappelle celle du kimono
japonais. Ce dernier est constitué de couches successives de
vêtements (on drape autour de soi des bandes de tissu faisant
quelque 13 mètres de longueur). La tenue extérieure du kimono est
composée de trois pièces principales : le kimono proprement dit, le
obi (ceinture nouée sous la poitrine) et le obijime (petit cordon
qui fixe le obi par un noeud).
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Si aujourd'hui le port du
vêtement occidental imprègne la vie quotidienne japonaise, on revêt
généralement le kimono à l'occasion de cérémonies ou d'évènements
spécifiques. C'est un vêtement cher, puisque les moins onéreux se
chiffreraient aux alentours de 3500 francs. Si l'on ajoute à cela un
obi et les divers accessoires, la facture s'élève facilement à 7000
ou 8000 francs. Malgré son coût élevé, le vêtement traditionnel
japonais n'est cependant pas réservé à la seule classe sociale
aisée. Bien sûr, les professeurs d'ikebana (arrangement floral) et
de sado (cérémonie du thé) sont les plus importants acheteurs de
kimonos. Mais le kimono fait encore partie prenante de la vie
sociale nippone : il est notamment de rigueur lors d'un mariage ou
de funérailles. |
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Dans la grande diversité
des kimonos, apparaît une première distinction entre les "kimonos
tissés" et les "kimonos teints" : lorsque le tissage s'effectue sur
des fils préalablement teints, on parle de "kimonos tissés", tandis
que la teinture des motifs s'effectue sur un fond blanc tissé dans
le cas de "kimonos teints". La teinture yûzen se réfère à ce
deuxième procédé technique : il s'agit d'une teinture exécutée à
main levée, laquelle précède le traçage des motifs. On différencie
d'autre part les "kimonos formels", adaptés aux cérémonies les plus
prestigieuses, des "kimonos semi-formels", portés exclusivement lors
de sorties. Revêtir, entretenir et plier un kimono nécessite un long
apprentissage qui s'enseigne de nos jours dans des académies. |
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On distingue
principalement trois grands types de kimonos : le furisode est le
kimono formel des femmes non mariées. Des motifs ornent toute sa
surface. Plus les manches du furisode sont longues, plus celui-ci
est formel. Il convient aux cérémonies de mariage ou aux fêtes
dédiées aux jeunes filles atteignant l'âge de la majorité. Le
tomesode est le kimono le plus formel, porté par les femmes mariées
lors de cérémonies fastueuses. Les tomesodes se répartissent suivant
la couleur de leur fond : noir pour les plus formels ou colorés. Les
motifs qui les rehaussent sont généralement les emblèmes symboliques
familiaux. Enfin, le hômongi est le kimono le moins formel. Tout le
monde le porte, des plus jeunes aux plus âgés.
On constate une crise du kimono au Japon depuis les années
soixante-dix. Les ventes diminuent et la majorité de la clientèle
est âgée de 40 ans voire plus. En effet, le rythme et le style de
vie japonais ont beaucoup changé. Des campagnes publicitaires
tentent depuis quelques années de revaloriser l'image du kimono
auprès des jeunes en l'associant à des actrices ou à des modèles
occidentalisés. Ce costume traditionnel a en revanche toujours
fasciné les Occidentaux : ils s'en inspirèrent pour créer les
premiers smokings et les robes de chambre ou peignoirs. L'emmanchure
et la manche kimono ont trouvé leur place dans la mode puisqu'elles
désignent par extension une manche à même. Des stylistes japonais (Issey
Miyake, Kenzo, Yohji Yamamoto) ont largement contribué à diffuser la
modernité du kimono, relayés par des stylistes d'origine diverse
tels le Brésilien Ocimar Versolato. |
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(Bibliographie :
"Kimonos de la famille Hata", Lyon : éd. du Musée des tissus de
Lyon, 1986 et "Le vêtement - création, conception, fabrication" par
Marie-Noëlle Boutin-Arnaud et Sandrine Tasmadjian, Paris : éd.
Nathan, 1997) |
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