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Le
Pantalon |
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Le pantalon, symbole de
la revendication du corps et par là même emblème de toutes les
libérations, eut une histoire tourmentée. On constate qu'à travers
les siècles l'évolution du pantalon recoupe la domestication du
cheval.
Depuis la plus haute antiquité, le port du pantalon était déjà
d'usage pour les peuples guerriers de la steppe tels que les
Scythes. Les Celtes et les Romains adoptèrent cette tenue appelée
communément "braies". Les Perses, quant à eux, portaient sous leur
robe un pantalon, signe de leur rang social élevé. Mais le pantalon
fut introduit sous sa forme actuelle et dans toute l'Europe
occidentale par des comédiens vénitiens au XVIème siècle ; son
appellation vient en effet de "Pantaleone", nom d'un personnage de
la Comédie italienne, vieillard goutteux, crachotant et au nez
crochu, qui portait un habit tout d'une pièce depuis la tête
jusqu'aux pieds. |
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Puis
la France adopta le pantalon à l'époque de la Révolution. Il faudra
cependant attendre 1830 pour qu'il soit véritablement accepté et
d'usage courant comme vêtement de ville. Sous le sobriquet de "tuyau
de poêle", il adoucit les complexes des hommes et femmes en cachant
les imperfections éventuelles de leurs jambes. Les filles du peuple,
ouvrières ou paysannes, n'en porteront toutefois pas pendant
longtemps, suivant l'assertion populaire selon laquelle : "une fille
qui porte des pantalons est une fille qui se conduit mal", car "une
femme honnête a les genoux sales".
Depuis, le pantalon est devenu le symbole de l'émancipation
féminine et du confort. Le pantalon féminin ressemble désormais au
pantalon masculin. C'est en Perse que l'on rencontre les premiers
pantalons féminins. Jusqu'au XVIIIème siècle, les femmes tentent de
l'adopter, mais sans succès. Sous la Révolution, un décret interdit
de porter un habit du sexe opposé ; le Consulat autorisera les
femmes à porter le pantalon, sous réserve d'autorisation
préfectorale. Les sports, notamment la bicyclette et le ski,
permettront aux femmes de s'habiller enfin en pantalon. |
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Le pantalon est à
l'origine un vêtement pour homme, sorte de culotte (pièce de
l'habillement ancêtre du pantalon) couvrant le corps de la taille
jusqu'aux pieds, à jambes séparées et généralement fermé par une
braguette. La fermeture d'un pantalon peut aussi être un pont. Il
s'appelle alors "pantalon à pont" qui est le pantalon de la Marine.
Le pantalon peut être large ou étroit (il est alors appelé "pantalon
cigarette"). Il peut être muni ou non de poches, orné ou pas d'un
revers dans le bas.
On appelle entrejambe la partie du pantalon située entre les
jambes, la hauteur d'entrejambe étant la hauteur qui sépare le sol
de l'entrejambe. L'entrejambe comporte souvent un gousset, pièce
d'étoffe en forme de losange destinée à donner de l'aisance aux
mouvements. Le pli du pantalon permet de marquer le devant du
pantalon, du haut jusqu'en bas. La tendance actuelle est aux
pantalons à pinces, qui assurent une plus grande liberté de
mouvement. |
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Il existe différents types de
pantalons : le pantalon pattes d'éléphant est un pantalon
moulant les cuisses, s'évasant à partir des genoux et dont
le bas est extrêmement large. Le pantalon corsaire, dit
aussi corsaire, est un pantalon étroit, voire moulant,
s'arrêtant aux mollets. Le pantalon fuseau ou fuseau,
pantalon réalisé dans des matières élastiques, qui épouse la
jambe et est maintenu au pied par une "patte" ou un talon,
est devenu dans les années 1950 un pantalon de ville à part
entière, et non plus un vêtement à usage purement sportif.
On trouve d'autres variantes du pantalon : le pantalon à la
hussarde (pantalon ample aux cuisses enserrant étroitement
les chevilles), le pantalon carré (pantalon serré au bassin,
aux jambes larges et à quatre coutures afin de donner plus
d'ampleur au vêtement), le pantalon sabot (apparu vers 1891,
il porte une découpe au niveau du genou et s'évase vers le
bas), le pantalon tube (pantalon ajusté au bassin et à
jambes larges sans pli marqué dont la particularité est de
n'avoir qu'une seule couture entrejambe) ou bien encore le
pantalon Largeot. Appelé communément le "largeot", il fut
inventé par Adolphe Lafont qui en déposa le brevet en 1896.
C'est un pantalon de travail en velours "Cosserat" de forme
très large, évasé au niveau de la cuisse et rétréci sur le
mollet. Il se déclinait en différentes couleurs selon les
différents corps de métier qui le portaient : noir pour les
charpentiers et les couvreurs, marron pour les menuisiers et
beige pour les tailleurs de pierre.
On trouve également le knickerbockers (pantalon de sport ou de
ville dont les jambes bouffantes s'arrêtent au-dessous des
genoux ou aux mollets) ou bien encore le jodhpur (pantalon
d'équitation bouffant au niveau des cuisses). Enfin, le
jean, ex-emblème de la conquête de l'Ouest et de la jeunesse
rebelle, est rapidement devenu le pantalon de culte et de
controverse par excellence. |
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(Bibliographie :
"Dictionnaire de la mode au XXe siècle" sous la direction de Bruno
Remaury, Paris : éd. du Regard, 1994 ;"Les mots du costume" par
Colette Guillemard, Paris : éd. Belin, 1991 ; "Le vêtement -
création, conception, fabrication" par Marie-Noëlle Boutin-Arnaud et
Sandrine Tasmadjian, Paris : éd. Nathan, 1997) |
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